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Espèces d'oiseaux nuisibles en France

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Les oiseaux urbains et périurbains, rois des nuisances sonores et sanitaires

Que vous soyez agriculteur, gestionnaire immobilier ou représentant d'une collectivité, la prolifération de certains oiseaux peut vite devenir un cauchemar : cultures dévastées, bâtiments dégradés par les fientes acides et risques sanitaires.

S'il est courant de parler d'oiseaux « nuisibles », sachez que ce terme a été officiellement remplacé par l'acronyme ESOD (Espèces Susceptibles d'Occasionner des Dégâts). Ce statut légal encadre strictement leur régulation, qui n'est autorisée que s'ils menacent la santé et la sécurité publiques, la faune et la flore, ou les activités agricoles.

Mais pour agir et mettre en place une solution d'effarouchement efficace, encore faut-il identifier votre adversaire. S'agit-il de corvidés ravageant vos semis de maïs, d'étourneaux générant des nuisances sonores insupportables, ou de pigeons colonisant vos toitures ?

Découvrez dans ce guide comment reconnaître les principales espèces d'oiseaux ESOD en France et identifier l'origine de vos nuisances pour mieux protéger vos espaces.

Le pigeon biset (Columba Livia)

Pigeon biset

C'est le pigeon des villes classique. Il niche dans les anfractuosités des bâtiments et se reproduit toute l'année.

  • Caractéristiques visuelles : C'est le pigeon des villes "classique". Son plumage est généralement gris bleuté, bien que ses couleurs puissent être très variables d'un individu à l'autre en raison de ses origines domestiques.
  • Où le trouve-t-on : Originaire des falaises rocheuses, il a trouvé dans nos villes un habitat de substitution idéal. Il niche principalement dans les anfractuosités des vieux bâtiments, les greniers, mais a aussi conquis les constructions métalliques comme les halls de gares ou les métros aériens. Il a la particularité de pouvoir se reproduire tout au long de l'année en milieu urbain.
  • Nuisance : Les fortes densités de Pigeons bisets occasionnent des dégâts considérables sur le bâti (façades, toitures, monuments) ainsi que sur les véhicules à cause de l'acidité de leurs fientes. Outre les nuisances sonores, ils posent un vrai problème de salubrité publique, car ils peuvent transmettre à l'homme des maladies (zoonoses) et des parasites comme la puce du pigeon.
  • Prévention : La règle d'or est l'interdiction stricte de les nourrir, car cela favorise leur surpopulation et leur sédentarisation. Pour protéger les bâtiments, il faut obstruer les accès aux zones de nidification à l'aide de dispositifs professionnels et inoffensifs : filets tendus, picots de protection (pics anti-pigeons), fils tendus et électro-répulsion. (À noter : les gels répulsifs, ultrasons et méthodes olfactives sont déconseillés car inefficaces à long terme ou nocifs pour la pierre). À l'échelle d'une commune, l'installation de pigeonniers contraceptifs permet de réguler les naissances tout en fixant les populations.

Pigeon ramier (Columba palumbus)

pigeon ramier

Plus gros, il niche dans les arbres et parfois sur les balcons. C'est une espèce très commune

  • Caractéristiques visuelles : Nettement plus gros que le Pigeon biset, le ramier possède un plumage gris bleuté et se distingue par une tache blanche très nette sur le côté du cou chez l'adulte (ainsi qu'une ligne blanche sur l'aile visible en vol).
  • Où le trouve-t-on : À la base, c'est un oiseau forestier qui niche dans les arbres. Cependant, il s'est remarquablement adapté aux zones urbaines et périurbaines. Depuis une trentaine d'années, on le voit fréquemment construire son nid dans les parcs, mais aussi directement dans les jardinières de nos balcons en ville.
  • Nuisance : C'est principalement un fléau pour l'agriculture : il cause des dégâts majeurs sur les cultures de pois, de colza et de tournesol. En ville, bien qu'il puisse salir les balcons, ses nuisances sur le bâti sont moindres que celles du Pigeon biset car il ne niche pas dans les cavités des bâtiments d'infrastructures.
  • Prévention : Pour l'agriculture, le Pigeon ramier peut être classé ESOD de Groupe 3 (par arrêté préfectoral annuel) dans les départements où les dégâts agricoles sont avérés. Il peut alors faire l'objet de tirs de régulation. Attention cependant : en zone urbaine ou dans un jardin résidentiel, sa destruction n'est pas autorisée (le classement ESOD ne s'applique que pour la protection agricole). En ville, la prévention passe donc uniquement par l'effarouchement et la protection physique de vos balcons et jardinières.

Le Corbeau freux (Corvus frugilegus)

corbeau freu
  • Caractéristiques visuelles : Il possède un plumage entièrement noir avec des reflets métalliques bleu-vert et pourpres. Il mesure de 43 à 48 cm de long pour un poids de 380 à 520 g. L'adulte se distingue facilement de la corneille par la base de son bec dépourvue de plumes, laissant apparaître une peau blanchâtre très caractéristique.
  • Où le trouve-t-on : Principalement dans les plaines alluviales, les campagnes cultivées avec des bosquets, les champs, ainsi que dans les parcs arborés des agglomérations. Très grégaire, il vit en bandes et niche en colonies à la cime de grands arbres, formant ce que l'on appelle des "corbeautières".
  • Nuisance : Il est la bête noire de l'agriculture car il cause d'importants dégâts en déterrant et consommant les semences (maïs, blé, tournesol, pois) avant la levée. Il consomme également des fruits dans les vergers et les vignes.
  • Prévention : L'adaptation des pratiques agronomiques est recommandée : enfouissement suffisamment profond des semences, semis synchrone avec les parcelles voisines et évitement du semis juste après le travail du sol. Du côté de l'effarouchement, il est conseillé de combiner les stimuli visuels (cerfs-volants "rapaces", ballons, bandes de plastique coloré) et sonores (canons à gaz, cris de détresse, appareils combinés de type "Tonnefort") en changeant régulièrement leur emplacement pour éviter l'accoutumance.

La Corneille noire (Corvus corone)

La corneille noire
  • Caractéristiques visuelles : Son plumage est entièrement noir avec des reflets bleuâtres à violacés. Elle mesure de 48 à 56 cm pour un poids de 400 à 600 g. À la différence du corbeau, son crâne est plus arrondi et son bec est entièrement recouvert de plumes à sa base.
  • Où le trouve-t-on : Espèce très répandue, elle s'adapte à de nombreux milieux ouverts : bocages, parcs en ville, champs, bords de routes et estuaires. Moins grégaire que le corbeau freux pour nicher, elle forme généralement des couples isolés, mais peut se regrouper en dortoirs communs à partir de l'été.
  • Nuisance : Elle occasionne des dégâts sur les semis de céréales ou d'oléagineux et s'attaque aux vergers. Elle exerce également une forte prédation sur la faune sauvage (consommation d'œufs et de poussins de canards, faisans, perdrix) ainsi que sur les élevages de volailles et de petits gibiers en plein air.
  • Prévention : Les méthodes sont identiques à celles employées contre le corbeau freux. Conserver des haies et installer des perchoirs pour attirer les oiseaux de proie (rapaces) permet également d'aider à tenir les corneilles éloignées des cultures.

L'Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris)

corbeau freu
  • Caractéristiques visuelles : Petit oiseau de 21 à 23 cm (pour 80-90 g). En été, son plumage sombre arbore des reflets irisés violets et verts, avec un bec jaune. En automne et en hiver, son plumage devient fortement tacheté de beige et de blanc, et son bec vire au gris-noir.
  • Où le trouve-t-on : Très adaptable, il fréquente les campagnes agricoles, les lisières, mais a massivement colonisé les centres urbains. Il a un comportement extrêmement grégaire et forme, de l'automne à l'hiver, de spectaculaires "dortoirs" dans les roselières ou les grands arbres de nos villes, pouvant regrouper des millions d'individus.
  • Nuisance : Les fientes acides générées par ces concentrations massives causent d'énormes dégradations urbaines (toitures, véhicules, panneaux photovoltaïques) accompagnées de nuisances sonores et olfactives insupportables pour les riverains. Dans le monde rural, ils dévastent les vergers, les vignes, et pillent les silos d'ensilage de maïs destinés au bétail.
  • Prévention : En zone rurale, il faut bloquer physiquement l'accès aux silos. En ville, l'adaptation de la végétation (gestion des arbres) et de l'éclairage peut réduire l'attractivité des sites. La méthode la plus efficace reste l'effarouchement massif et synchronisé à l'échelle d'une ville entière (utilisation combinée de fauconniers, de signaux sonores et visuels) pour empêcher les oiseaux de se sentir en sécurité et les forcer à évacuer la zone

La Pie bavarde (Pica pica)

la pie bavarde
  • Caractéristiques visuelles : Très reconnaissable à son plumage bicolore noir et blanc (abdomen et partie des ailes blancs) et à sa très longue queue. Ses plumes noires présentent des reflets irisés bleu-vert métallique. Elle mesure environ 45 cm pour 180 à 275 g.
  • Où le trouve-t-on : Elle affectionne les paysages ouverts avec des haies et des bosquets (zones agricoles bocagères) et a largement colonisé les parcs et jardins des villes et villages.
  • Nuisance : Elle est responsable de dommages dans les cultures (pois, maraîchage), les vignes et particulièrement dans les vergers où elle s'attaque aux fruits à noyaux (cerises, prunes). C'est aussi un redoutable prédateur pour les œufs et oisillons de petits passereaux.
  • Prévention : Pour protéger les petits vergers, la méthode la plus radicale reste la pose de filets anti-oiseaux. Pour les parcelles plus vastes, la combinaison d'effaroucheurs sonores (canons à gaz, cris de détresse) et visuels est de mise.

Le Geai des chênes (Garrulus glandarius)

corbeau freu
  • Caractéristiques visuelles : Oiseau très coloré, il possède des couvertures alaires (ailes) bleues striées de noir et de blanc, des moustaches noires et un plumage brun rosé. Son croupion est blanc et il possède des plumes érectiles sur la tête. Il pèse 140 à 190 g pour environ 34 cm.
  • Où le trouve-t-on : Il affectionne les forêts de feuillus et mixtes, les zones bocagères, ainsi que les parcs et jardins comprenant quelques arbres.
  • Nuisance : Moins problématique à grande échelle que les corbeaux, il peut cependant causer des dommages ciblés dans les vergers (fruits), les cultures de pois ou de fraises, et s'attaquer aux couvées des petits oiseaux.
  • Prévention : La protection physique par l'installation de filets reste la solution préférentielle pour les vergers ou petites cultures. Les dispositifs d'effarouchement sonores et visuels classiques fonctionnent également s'ils sont alternés.

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